Julie Castagné

Artiste plasticienne née en 1994 à Lausanne, en Suisse.

Diplômée d’un DNSEP à l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts du Mans en 2019.

Mon travail plastique prend de multiples formes. Mais
que ce soit en sculpture ou en peinture, les ancrages de base
sont les mêmes. En effet, je travaille essentiellement à partir
d’objets et formes qui appartiennent au domaine biologique,
c’est-à-dire au végétal, à l’animal et au minéral. Je suis sensibilisée
à ces domaines depuis toute petite, et je pense que la
richesse de la nature est beaucoup plus importante que tout
autre sujet de production. C’est pourquoi je reproduis, réinterprète
à ma manière des éléments naturels que je croise.

Parfois c’est un arbre, un rocher, le coeur d’une fleur ou encore
de simples agglomérats de terre dans un pot de fleur. Les
motifs aléatoires disponibles dans la nature sont infinis et me
permettent de produire des pièces qui paraissent abstraites,
mais qui sont en réalité plutôt fidèles à l’image d’origine.
Le principe de la paréidolie m’intéresse de près,
puisque les objets que je crée sont détachés de leur contexte.
Il est alors fascinant d’observer les différentes interprétations
des spectateurs et donc leur propre corpus de références.

Mon travail me sert aussi d’exutoire, dans le sens où
le trop-plein d’images mentales est à chaque fois un petit
peu allégé par la création d’une pièce. Cela me permet de
comprendre, et à force, d’observer quels sont les motifs qui
reviennent régulièrement. Pour cela, je tente de garder une
ligne de création fixe.

En effet, chaque projet réalisé passe d’abord par des
étapes établies auparavant. Ce processus s’est mis en place
et évolue depuis plusieurs années. Il consiste en une suite
d’actions concrètes. Les images de bases sont sélectionnées
par l’outil photographique. Lorsque je croise un objet, une
forme, un motif qui me semble intéressant, je le photographie
et je le conserve dans mon inventaire d’images. Une fois
choisie, l’image est recadrée, selon le matériau disponible, et
parfois combinée avec d’autres photos. Je réalise ensuite le
dessin d’après les photos, puis je le reporte sur la toile dans le
cas d’une peinture. Ensuite je pose les couleurs principales à
l’acrylique avant de travailler les motifs et modelés à l’huile.
Ces étapes permettent un détachement de l’image de
base par la pratique de choix et de gestes picturaux. Le résultat
obtenu après l’application du protocole n’est jamais correspondant
à la photographie. C’est pourquoi l’interprétation
diffère selon les spectateurs. En tant que peintre autrice de la
toile, je suis la seule à reconnaitre ce d’après quoi j’ai peint,
ce qui explique mon rapport très terre-à-terre avec mon travail
alors que les images qui sont données à voir n’ont rien de
concret.

En céramique, le procédé de base est plus ou moins
similaire. Cependant, j’ai un grand intérêt pour la dimension
spatiale intérieure de ce matériau. En effet, il est facilement
possible de réaliser un nouvel espace délimité par la céramique.
La sculpture se trouve alors à l’extérieur mais aussi à
l’intérieur. Pour souligner cela, j’utilise la lumière et la couleur
pour révéler l’intérieur de mes sculptures et ainsi éveiller le
regard du spectateur.